5.09.2006

Paris, France — 02/05/2006 - Diminution de la qualité du sperme, augmentation des cas de stérilité, anomalies génitales chez les bébés… Autant de phénomènes liés à notre reproduction et qui pourraient résulter de notre exposition aux substances chimiques industrielles utilisées dans les parfums, les tapis, les équipements électroniques et autres biens de consommation courante. Tel est le constat que dresse Greenpeace dans le rapport Attention fragile : reproduction et exposition chimique, publié ce jour.

Ce rapport fait l'inventaire de nombreuses études scientifiques parues ces dernières années pour dresser un inquiétant état des lieux de la reproduction humaine. En cinquante ans, les analyses de sperme révèlent une diminution de 50% du nombre de spermatozoïdes actifs. Depuis 1960, le nombre de couples stériles a plus que doublé dans les pays industrialisés, tandis que les cancers des testicules se multiplient. Dans de nombreux pays (Etats-Unis, Canada, Suède, Allemagne, Norvège, Japon, Amérique latine, Pays-Bas et Danemark), le ratio de natalité garçons/ filles, traditionnellement légèrement favorable aux garçons, s'est inversé. Et à la naissance, les petits garçons connaissent de plus en plus de défauts du système reproducteur. "Un faisceau de preuves scientifiques concordantes permet de lier l'exposition aux substances chimiques industrielles et les perturbations de notre système reproductif, analyse l'un des auteurs du rapport, le Docteur David Santillo, de l'unité scientifique de Greenpeace International. Greenpeace demande que toute substance chimique susceptible de constituer une menace pour l'homme soit retirée du marché quand des alternatives plus sûres existent." Alkylphénols, phtalates, retardateurs de flamme bromés, bisphénol-A, muscs artificiels... Ces substances chimiques, citées dans le rapport, ne constituent qu'une petite partie du problème. Dans leur grande majorité, les molécules présentes dans les biens de consommation courante n'ont jamais été testées et leurs impacts sur la santé humaine et l'environnement n'ont jamais été évalués.

La réglementation REACH, en cours d'élaboration au niveau de l'Union européenne (UE), devrait apporter une évaluation et un contrôle plus stricts de la production et de l'utilisation de ces substances chimiques dangereuses. L'année dernière, durant la première lecture de ce texte, le lobbying particulièrement agressif de la part de nombreux industriels de la chimie a réussi à affaiblir la portée de la future réforme. La seconde lecture de REACH et son vote définitif par les gouvernements de l'UE et les membres du Parlement européen sont prévus pour cet automne.

Si elle est votée en l'état, la réglementation REACH risque de continuer à autoriser l'utilisation de substances dangereuses pour notre système hormonal et nos organes sexuels, au lieu de protéger la santé des citoyens d'Europe et l'environnement. "De nombreux individus et couples voient leur vie affectée par des problèmes de reproduction, rappelle Yannick Vicaire, responsable de la campagne Toxiques de Greenpeace France. L'UE ne peut fermer les yeux face à un problème grandissant et pour lequel une solution existe ! Quels arguments pourraient justifier qu'on laisse les industriels incorporer dans leurs produits des toxiques susceptibles d'entraver le développement in utero d'un bébé ?"

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